Le 18ème samedi de mobilisation des gilets jaunes a été marqué par d’importantes violences à Paris, en particulier autour des Champs-Elysées. Des mesures fortes pour répondre aux dysfonctionnements survenus dans la conduite des opérations de maintien de l’ordre ont été prises par le Premier Ministre Edouard Philippe. 

Le président de la République et le Gouvernement ont examiné les dysfonctionnements survenus dans la conduite des opérations de maintien de l’ordre samedi dernier, et ont pris des mesures pour y répondre. Les importants effectifs des forces de l’ordre déployés, 5 300 policiers et gendarmes au total, ont dû faire face à 10 000 individus ultraviolents animés d’une volonté réelle d’en découdre. Le travail des forces de l’ordre n’est absolument pas mis en cause.

Néanmoins, il ressort notamment de l’analyse des évènements de samedi que les polémiques sur l’usage des LBD (lanceurs de balle de défense) ont conduit à ce que des consignes inappropriées soient passées pour réduire leur usage. 

Le Premier ministre a présenté cet après-midi les mesures prises pour que de telles situations ne se reproduisent plus. Ces mesures sont à la hauteur des enjeux. 

Le renforcement du dispositif de maintien de l’ordre a été permis par deux mesures, l’interdiction des manifestations se revendiquant des « gilets jaunes » dès samedi prochain dans les quartiers les plus touchés (Champs-Elysées, place Pey-Berland à Bordeaux, place du Capitole à Toulouse) et la réorganisation du maintien de l’ordre. 

Sur ce dernier point, plus d’autonomie sera conférée aux forces sur le terrain, les détachements d’action rapide seront transformés en unités anticasseurs pouvant interpeller et disperser dès les premiers troubles et la présence d’officiers de police judiciaire sur le terrain sera accrue. 

Un nouveau préfet de police également été nommé mercredi en conseil des ministres, M. Didier Lallement, ancien secrétaire général du ministère de l’Intérieur, actuel Préfet de Nouvelle Aquitaine. 

Tous les moyens juridiques disponibles seront enfin mobilisés pour prévenir les violences. Dans cette logique, la contravention en cas de participation à une manifestation interdite passera ainsi de 38 à 135€. La saisine de la justice par le ministre de l’Intérieur à l’encontre des personnalités légitimant les violences conformément à l’article 40 du code de procédure pénale sera désormais systématique. Enfin, dès sa promulgation, la loi « anticasseurs » renforcera l’arsenal juridique existant (renforcement des contrôles aux abords des manifestations, possibilité de prononcer des interdictions de manifester à l’encontre des éléments les plus violents, de placer en garde à vue et de poursuivre les personnes qui dissimulent leur visage). 

Avec ces mesures, le gouvernement étoffe ainsi les moyens à sa disposition pour prévenir les violences inadmissibles survenues samedi dernier dans le cadre de l’état de droit.