Le Président de la République présentera ce jeudi au Musée de l’Homme la stratégie de prévention et de lutte contre la pauvreté : 8 milliards d’euros pour financer une stratégie ambitieuse, axée sur la prévention et l’accompagnement, avec des mesures concrètes.

Le Président a fixé clairement l’ambition de ce plan : « ne plus oublier personne. »  Il ne s’agit pas seulement de contenir la pauvreté par la redistribution, mais bien de transformer notre État-providence, notre système de protection sociale, pour « éradiquer la grande pauvreté » et faire en sorte que la pauvreté « ne se transmette plus par héritage ».

Pour atteindre cet objectif, le Président a appelé à la mobilisation nationaleLa lutte contre la pauvreté est l’affaire de tous. Il s’agit ainsi de :

ð  Lutter contre le déterminisme social, et pour cela intervenir dès la petite enfance

ð  Etre plus attentif à la situation des jeunes, qui sont les premiers frappés par la pauvreté 

ð   Permettre à tous de retrouver le chemin du travail avec la mise en place d’un « véritable service public de l’insertion et rénover de notre système de minima sociaux.

Ces deux chantiers vont faire l’objet d’une large concertation avec l’ensemble des parties prenantes (collectivités, associations, personnes en situation de pauvreté…) et devront se concrétiser dans un projet de loi qui sera présenté en 2020.

Le Président s’est engagé à réunir les acteurs tous les six mois pour assurer le suivi de la mise en œuvre de cette stratégie.

Rappel des chiffres de la pauvreté en France

Un modèle social qui n’a pas réussi à enrayer la persistance de la pauvreté :

  • 9 millions de personnes pauvres, dont 3 millions d’enfants (1 enfant sur 5)
  • 1 famille monoparentale sur 3 est pauvre
  • 50% de bénéficiaires de RSA de plus en 10 ans
  • 30% de non-recours estimé
  • Environ 110 000 personnes sans domicile, dont 30 700 enfants
  • 1 Français sur 5 en situation de précarité alimentaire
  • Avec notre système actuel, il faut 180 ans pour que les 10% les plus pauvres rattrapent le niveau de vie moyen

Un modèle qui alimente le sentiment d’impossibilité de sortir de la pauvreté :

  • Près de la moitié des bénéficiaires du RSA le sont depuis au moins 4 ans
  • 50% de bénéficiaires du RSA toujours pas accompagnés au bout de 6 mois
  • Seuls 10% des bénéficiaires du RSA retrouvent un travail dans l’année
  • Les dépenses d’allocation ont augmenté de 80% en 10 ans, la dépense moyenne d’insertion par allocataire a baissé de 50% sur la même période 1/4 des personnes sans domicile sont des anciens enfants de l’ASE (Aide Sociale à l’Enfance)

Le président de la République l’avait rappelé lors du Congrès : on a laissé s’installer en France des inégalités de destin. C’est contre ces inégalités de destin, et pour une égalité des chances réelle, que le Gouvernement est déterminé à agir, pour que la pauvreté ne se transmette plus en héritage.

Nous avons besoin d’une nouvelle approche, plus ambitieuse, et qui aura les moyens de ses ambitions.  C’est une stratégie d’investissement social : nous ne voulons plus nous contenter d’indemniser la pauvreté, nous voulons aider les gens à en sortir, ou à ne pas y tomber.

Le Président de la République a présenté une stratégie de long terme et des mesures très concrètes, qui seront mises en place dès 2019, pour : 

Ø  Investir dans la petite enfance, et pour que les enfants pauvres d’aujourd’hui ne soient pas les adultes pauvres de demain

Ø  Garantir un parcours de formation pour tous les jeunes

Ø  Simplifier le système des prestations sociales pour lutter contre le non-recours, et inciter davantage à la reprise d’activité.

 

Cette stratégie de prévention et de lutte contre la pauvreté s’inscrit dans la continuité du projet porté par E. Macron pendant la campagne présidentielle, et dans la suite de l’action menée par le Gouvernement depuis 16 mois. L’investissement dans les solidarités est au cœur du projet de société qui est le nôtre.

La stratégie de prévention et de lutte contre la pauvreté s’inscrit dans l’action du Gouvernement pour construire un Etat providence du XXIème siècle (avec la réforme de l’assurance chômage, celle des retraites ou la prise en compte du risque de la dépendance, par exemple).

Les mesures comprises dans la stratégie de prévention et de lutte contre la pauvreté

  • Pour une meilleure garantie des droits fondamentaux des enfants :

ð  Plus de solutions pour la garde d’enfants – car les lieux de garde sont aussi des lieux de développement de l’enfant :

v  Aides aux communes en QPV, pour leur permettre de construire des places en crèche 

v  Les familles les plus modestes n’auront plus à avancer l’argent pour faire garder leurs enfants : nous créons le tiers payant et la CAF paiera directement les frais de crèche ou d’assistante maternelle.

 ð  Garantie du droit à l’alimentation :

v  Développement des dispositifs de petits-déjeuners pour tous

v  Incitation à mettre en place une tarification sociale à la cantine dans les villes de moins de 10 000 habitants. 

  • Pour garantir un parcours de formation à tous les jeunes :

ð  Obligation de formation jusqu’à 18 ans, en associant les services de l’Etat et les collectivités, pour qu’aucun jeune ne se retrouve sans emploi, ni formation. 

ð  Objectif de passer de 100 000 à 500 000 bénéficiaires de la Garantie jeunes (qui permet d’accompagner vers l’emploi des jeunes en grande précarité) d’ici la fin du quinquennat.

ð  Mobilisation renforcée de l’Etat pour accompagner les jeunes qui bénéficient de l’ASE (Aide Sociale à l’Enfance), afin qu’ils ne se retrouvent pas sans solution à l’âge de 18 ans.

  • Pour des droits sociaux plus accessibles :

ð  Simplification de notre système d’accès aux prestations sociales, aujourd’hui bien trop complexe, et meilleure adaptation des prestations à la situation actuelle des personnes

ð  Revalorisation du minimum vieillesse, de l’allocation adulte handicapé et des aides familiales

ð  Aide à l’accès aux complémentaires santé pour les personnes les plus en difficulté, retraités pauvres inclus.

  • Pour favoriser le retour à l’emploi :

ð  Revalorisation de la prime d’activité (+20€ par mois pour une personne au SMIC dès octobre)

ð  Développement massif de l’insertion par l’activité économique (IAE) (+ 100 000 salariés supplémentaires concernés d’ici la fin du quinquennat)

ð  Grâce au PIC (Plan d’Investissement dans les Compétences), mobilisation de 240M€ pour améliorer la formation des salariés de l’IAE.