Après une concertation large et sur la durée, le projet de loi agriculture et alimentation a été adopté à l’Assemblée nationale. J’ai voté pour ce texte, qui apporte des mesures fortes pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et pour une alimentation saine et durable.  Nous agissons pour rééquilibrer les relations entre les agriculteurs et la grande distribution d’une part, et agissons d’autre part pour une alimentation de qualité, notamment pour nos enfants. Retour sur les principales mesures.

Pourquoi j’ai voté le projet de loi agriculture et alimentation ?

Ce projet de loi fait suite aux États généraux de l’Alimentation, qui ont rassemblé durant 5 mois l’ensemble des acteurs concernés : les producteurs et agriculteurs, les industriels, les distributeurs, les consommateurs, les professionnels, les associations.

Le projet de loi poursuit trois objectifs : payer le juste prix au producteur, renforcer la qualité des produits, et favoriser une alimentation saine et durable. Voici quelques-unes des mesures qui ont fait que je me suis prononcée en faveur du texte.

Payer le juste prix aux producteurs pour qu’ils puissent vivre dignement de leur travail

  • Inversion de la construction du prix : cela signifie que le contrat et le prix associé seront désormais proposés par les agriculteurs.
  • Le médiateur des relations commerciales agricoles aura plus de poids ; il pourra notamment proposer des modifications aux contrats et accords-cadres fixés avec la grande distribution.
  • Augmentation du seuil de revente à perte sur les denrées alimentaires, à titre expérimental, pour rééquilibrer les marges en faveur des agriculteurs.

Renforcer la qualité sanitaire, environnementale et nutritionnelle des produits

  • Interdiction des Néonicotinoides, pour protéger les abeilles et la biodiversité ;
  • Extension du délit de maltraitance animale, et doublement des peines qui passent de 6 mois d’emprisonnement et 7 500 euros d’amende à 1 an et 15 000 euros d’amende
  • Encouragement de l’expérimentation de la vidéosurveillance dans les abattoirs.

Favoriser une alimentation saine, sûre et durable

  • 50% de produits locaux ou sous signe de qualité dans la restauration collective publique  
  • Obligation pour les restaurants de fournir des doggy-bags, afin de lutter contre le gaspillage.

Nous maintenons notre engagement de sortie du Glyphosate

Je suis pour la sortie du Glyphosate. C’est un impératif écologique et le cap fixé par le Président est clair : dans 3 ans, nous n’utiliserons plus de Glyphosate.

Un amendement a été proposé pour inscrire cet objectif dans la loi, il n’a pas été adopté.

Néanmoins, une mission d’information transpartisane sur les produits phytosanitaires évoque les effets sanitaires et environnementaux de l’utilisation des produits phytopharmaceutiques. Elle recommande des alternatives crédibles au glyphosate et souhaite leur généralisation le plus rapidement possible, pour pouvoir accompagner les agriculteurs et respecter le calendrier ambitieux fixé par le Président de la République, avec une interdiction du glyphosate d’ici l’année 2020.

FOCUS – Article 11 sur la restauration collective (PHOTO VISITE CUISINE CENTRALE)

Nos concitoyens souhaitent une alimentation saine, de qualité, et durable. Peu importe les milieux sociaux, les territoires ruraux ou urbains, c’est une volonté partagée par l’ensemble des Français.

Notre majorité a souhaité y répondre avec cet article 11 relatif à l’offre de produits proposés au sein des services de restauration collective dont les personnes publiques ont la charge.

Quelles sont-elles ces personnes publiques ? Il s’agit notamment des écoles, et donc de s’assurer que la composition des repas servis à nos enfants soit de qualité.

Promouvoir une alimentation saine répond à un enjeu de santé publique. J’ai eu l’occasion de visiter des cuisines centrales qui fournissent les écoles et les EHPAD de notre territoire, ou encore des cantines scolaires. Tous les acteurs que j’ai pu rencontrer attendaient que nous prenions nos responsabilités en matière d’alimentation saine. Tous les acteurs ont conscience de la nécessité de prendre en compte le coût du cycle de vie du produit, le recours à des produits locaux, issus de l’agriculture biologique ou bénéficiant d’un sigle de qualité, d’un écolabel.

Nos échanges avec le gouvernement ont permis d’élargir ces objectifs aux établissements de restauration scolaire et universitaire, aux établissements d’accueil des enfants de moins de six ans, aux établissements de santé, sociaux et médico-sociaux qui relèvent des personnes privées.

Notre travail en commission a permis par ailleurs d’introduire la présentation, par chaque structure de restauration collective publique servant plus de 100 couverts par jour, d’un plan de diversification de protéines, sur une base pluriannuelle. Il faut changer les réflexes de nos enfants !

FOCUS – Article 12 sur l’aide alimentaire

En visitant les cuisines centrales et les cantines scolaires, on prend la mesure du gaspillage alimentaire, alors que nous luttons toujours, en 2018, contre la précarité alimentaire. Des initiatives sont déjà à l’œuvre mais pas encore assez suffisantes pour aider les acteurs du secteur et les collectivités publiques à organiser l’aide alimentaire.

Ce texte fait en sorte que la promotion de l’aide alimentaire se fasse sur l’ensemble du territoire et d’intégrer la lutte contre le gaspillage alimentaire dans le cadre des projets alimentaires territoriaux.

Jusqu’à présent, ils assistent démunis à un gaspillage de plus en plus lourd, et cela nous ne pouvons pas le permettre quand certains ne concitoyens ne mangent pas à leur faim. Dans les écoles que j’ai été amenée à visiter, il m’a souvent été rapporté que certains enfants arrivaient le matin le ventre vide.

Lutter contre le gaspillage alimentaire, c’est donc aussi lutter contre la précarité alimentaire.