De nombreux citoyens m’alertent sur les difficultés qu’ils rencontrent dans l’accès aux soins sur notre territoire. Dans le même temps, de nombreux membres des personnels soignants m’alertent quant à eux au sujet de la dégradation des conditions de travail en milieu hospitalier, et plus particulièrement au sein de l’Hôpital de Gonesse qui connaît des difficultés depuis de nombreuses années.

J’ai tenu à me rendre sur place, à plusieurs reprises, afin d’échanger à propos de cette situation avec toutes les personnes qui mènent quotidiennement, et sans relâche, un travail difficile: les médecins, les infirmiers, et la direction. Je sais combien leur travail est difficile, et qu’ils ont à coeur de mener à bien leurs missions essentielles pour chacun et chacune d’entre nous. Par ailleurs, j’ai eu l’occasion de m’entretenir avec les représentants du personnels et les syndicats pour écouter leurs revendications. 

L’Hôpital de Gonesse est le deuxième centre hospitalier le plus aidé par les pouvoirs publics de toute l’Île-de-France. Les difficultés n’en restent pas moins nombreuses, et il y a encore beaucoup à faire. C’est pour cette raison que j’engage une action à ce niveau là auprès des pouvoirs publics. Par ailleurs, soucieuse de la qualité de l’offre de soins apportée aux citoyens de notre circonscription, j’ai souhaité obtenir des réponses de la part de la Ministre de la Santé, Agnès Buzyn.

1. L’endettement du Nouvel Hôpital de Gonesse, quelle issue ?

 

L’aggravation du déficit du Nouvel Hôpital de Gonesse s’explique en partie par les coûts supplémentaires liés à la maintenance du nouveau bâtiment, soit 4,5 millions d’euros de plus que l’ancien bâtiment. Malheureusement, le plan de retour à l’équilibre lancé en 2016 avec l’Agence Régionale de Santé (ARS) d’Île-de-France n’a pas porté ses fruits. Ainsi, depuis 2018, cet Hôpital est inscrit au Comité interministériel de la Performance et de la modernisation de l’offre de soins hospitaliers (COPERMO). L’objectif est de dégager 16,5 millions d’euros en optimisant l’offre de service afin de parvenir à un retour à l’équilibre financier d’ici 2023.  

Le fait que l’hôpital se concentre sur l’ambulatoire (les patients n’ont plus forcément besoin de passer la nuit à l’hôpital) permet de réduire le nombre de lits à soixante-dix. Dans le même temps, la spécialité gynécologie-obstétrique, plébiscitée par bon nombre de nos concitoyens, bénéficiera de six lits supplémentaires ; c’est également le cas de la gériatrie aiguë, une spécialité pour laquelle le besoin ne cesse d’augmenter dans la région, qui aura huit lits supplémentaires.

Le Fonds d’intervention régional (FIR) est venu en aide à l’Hôpital de Gonesse : d’une part il a couvert les coûts liés à la perte d’activité durant la période de déménagement, ce qui a diminué la dette de l’Hôpital de 5,9 millions d’euros. D’autre part, le FIR a versé 9,6 millions d’euros entre 2013 et 2018 au titre de l’aide pluriannuelle à l’investissement, tout en continuant de verser une aide annuelle qui s’élève sur la période à 22, 2 millions d’euros soit une augmentation de 6%.

L’accompagnement financier du Nouvel Hôpital de Gonesse passe aussi par le dispositif « permanence d’accès aux soins de santé » (PASS) qui accompagne les personnes en situation de précarité sociale dans leurs démarches d’accès aux soins. L’Hôpital de Gonesse a reçu 215 000 euros annuels pour ce dispositif, ce qui représente la plus importante dotation du Val d’Oise.

2. Le recrutement à l’Hôpital de Gonesse, quels besoins ?

 

Les appels à projet lancés par l’ARS d’Île-de-France pour l’Hôpital de Gonesse concernent les postes suivants :

  • Des Assistants spécialistes à temps partagé entre deux établissements de santé
  • Des médecins spécialistes à temps partagé ville – hôpital
  • Des médecins généralistes aidés par le dispositif « 400 postes de médecins généralistes dans les territoires prioritaires ».

Ce dernier dispositif est mis en place pour attirer les médecins généralistes dans des hôpitaux comme celui de Gonesse. Sur l’ensemble des zones en quartiers prioritaires de la ville, 200 postes de médecins généralistes salariés sont ouverts. Ils sont destinés, en priorité, à de jeunes médecins qui pourront être salariés d’un centre de santé, d’un établissement de santé ou d’un autre médecin. Pour faciliter et encourager la création de ces postes, l’ARS d’Île-de-France apporte un soutien financier à l’Hôpital de Gonesse qui les emploie. Par ailleurs, 200 autres postes de médecins généralistes à temps partagé ville-hôpital sont aidés par le dispositif. Le jeune médecin exercera une partie de son activité à l’hôpital et pratiquera en ville le reste du temps : son exercice pourra être libéral (médecin installé ou en assistant d’un autre médecin) salarié (d’un centre de santé ou d’un autre médecin sous un contrat de collaboration salariée) à condition qu’il se situe dans une zone sous-dense ou un quartier prioritaire de la politique de la ville.