L’éducation prioritaire, et particulièrement dans notre territoire, doit être au centre de nos attentions. Elle est en tout cas au centre de mon engagement sur le territoire à vos côtés depuis ces quelques années.

L’éducation prioritaire est aussi, depuis le début du quinquennat, au cœur de l’action gouvernementale. Véritable engagement du Président de la République et du Premier ministre, la lutte contre l’inégalité des chances est une priorité des politiques publiques.

Le Gouvernement, à travers l’action du Ministre de l’Éducation nationale, a depuis 2017 déjà beaucoup œuvré pour l’éducation prioritaire. Cette action s’est notamment construite autour de mesures fortes :

  • Tout d’abord, avec le dédoublement des classes CP-CE1 qui sera étendu aux classes de grande section à la rentrée prochaine et qui a pour but d’agir dès le plus jeune âge car la bonne maîtrise des savoirs fondamentaux constitue l’un des principaux leviers pour réduire les inégalités sociales ;
  • Ensuite, avec les cordées de la réussite qui visent à favoriser l’accès à l’enseignement supérieur de jeunes quel que soit leur milieu socio-culturel, en leur donnant les clés pour s’engager avec succès dans les filières d’excellence et dont les effectifs concernés ont plus que doublé en deux ans. Le dispositif, au cœur du plan jeune du plan de relance, se voit allouer 10 millions d’euros sur deux ans ;
  • Autre dispositif encouragé par le plan de relance, les internats d’excellence permettent à des collégiens et lycéens motivés, ne bénéficiant pas d’un environnement propice aux études, d’exprimer leur potentiel et de développer leur ambition scolaire, en leur offrant des conditions de travail optimales et un projet éducatif renforcé. Le plan de relance y consacre 50 millions d’euros sur deux ans ;
  • De plus, le dispositif « devoirs faits» est un temps dédié, en dehors des heures de classe, à l’accomplissement par l’élève des tâches demandées par ses professeurs. L’objectif est de faire bénéficier les collégiens d’une aide appropriée au sein du collège afin de rentrer chez eux “Devoirs faits”. Les « e-Devoirs faits » ont également été une façon de répondre à la crise sanitaire malheureusement bien installée et d’éviter le brassage des élèves des écoles et des collèges ;
  • Enfin, les cités éducatives, aujourd’hui quatre-vingts, visent à intensifier les prises en charges éducatives des enfants à partir de 3 ans et des jeunes jusqu’à 25 ans, avant, pendant et après le cadre scolaire. Le 12 octobre dernier, la Secrétaire d’État chargée de l’Éducation prioritaire a annoncé la création de quarante cités éducatives supplémentaires dotées d’une plateforme numérique nationale et d’une offre de services destinée à les aider à se mettre en mouvement et à répondre à leurs différents projets. Je me réjouis que la ville de Goussainville fasse partie des 40 communes rejoignant le dispositif en 2021, demande que j’avais formulé à la ministre en charge de la ville Nadia Hai. À l’heure où les enjeux dans nos quartiers sont immenses et où la crise sanitaire a aggravé les inégalités sociales, c’est un signal fort qui est envoyé pour réduire les inégalités de destin sur notre territoire.

Cet engagement s’est renforcé cette année avec la création du Secrétariat d’État à l’éducation prioritaire, première sous la Vème République. La Secrétaire d’État, Madame Nathalie Élimas, a également établi une feuille de route claire de son action autour de trois piliers : promouvoir et développer les mesures et dispositifs mis en place depuis 2017, lutter contre la pauvreté notamment avec l’utilisation des fonds sociaux souvent sous-consommés ou avec des dispositifs comme le petit-déjeuner ou la cantine à 1 euro et enfin la refonte de la carte de l’éducation prioritaire qui concerne directement votre demande.

Tout d’abord, la Secrétaire d’État a affirmé que les nouvelles mesures mises en place ne remettront aucunement en cause la carte existante des REP et REP+ à ce stade ni même pour la rentrée 2021. Madame Élimas a également rappelé que la carte des quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) sera revue plus tard ce qui permettra également de revoir la répartition des établissements en REP+.

Pour les établissements labellisés REP, le Grenelle de l’éducation qui se tient en ce moment comporte une dizaine d’ateliers, dont trois au moins sont plus spécialement consacrés à l’éducation prioritaire. C’est l’occasion de mener un travail de fond sur l’éducation prioritaire et les questions indemnitaires. Le dialogue social est également engagé avec tous les partenaires. Le Gouvernement attend donc les conclusions de ce Grenelle pour préciser l’avenir de la carte de l’éducation prioritaire. Pour contribuer à ces discussions, j’ai moi-même tenu à échanger avec tous les acteurs de l’éducation de notre territoire pour que toutes les parties prenantes puissent être entendues lors de ce Grenelle.

Autre sujet au cœur des réflexions du Grenelle de l’éducation, les primes des AESH et AED, font l’objet d’une réflexion pour allouer au mieux les moyens qui leur sont nécessaires.

Le Gouvernement propose cependant une expérimentation pour la rentrée 2021 qui donnera lieu à une évaluation et qui sera étendue si nécessaire. Les objectifs de cette expérimentation qui aura lieu dans trois académies (Lille, Marseille et Nantes) sont clairs : il s’agit d’introduire plus de progressivité, de mieux tenir compte des contextes locaux, de mener des analyses de terrain plus fines et, surtout, de faire entrer de nouveaux publics. La carte actuelle des REP et des REP+ met de côté près de 70 % de nos élèves. Il y a donc là une injustice. Cette expérimentation sera fondée sur la base de contrats locaux d’accompagnement (CLA), qui seront passés entre l’établissement et le recteur. Ils seront conditionnés à un engagement portant sur des objectifs pédagogiques. La finalité demeure en effet de veiller à élever le niveau général de nos élèves.

Cette expérimentation ne déstabilisera pas les REP telles qu’ils existent aujourd’hui car le Gouvernement affirme que le dispositif restera à moyens constants et que des moyens spécifiques seront alloués à l’expérimentation.

Je serai très attentive à la mise en place et à l’évaluation de ces mesures.

Je suis néanmoins persuadée qu’il faut aller encore plus loin pour notre territoire. Il s’agit en effet de l’une des demandes que j’ai transmises dès cet été au Gouvernement par l’intermédiaire du Préfet dans une proposition de plan d’urgence pour l’Est du Val-d’Oise. Ce plan résulte de tous mes échanges avec vous sur le terrain.

Voici les principales propositions qui me semblent prioritaires :

  • De permettre aux communes de Gonesse et de Goussainville d’obtenir le label « Cité éducative » afin de bénéficier (1) de l’ensemble des dispositifs visant à renforcer l’ingénierie des établissements et des acteurs de l’éducation sur le terrain ; (2) de moyens financiers supplémentaires pour accentuer la prise en charge éducative des élèves ; (3) et d’un accompagnement pour permettre le renouvellement urbain et un renforcement de la lutte contre la pauvreté et le communautarisme. Il est à noter que la commune de Goussainville avait déjà présenté une candidature solide. Le déplacement du Ministre de la Ville et du Logement M. Julien de Normandie a été l’occasion pour les élus et les acteurs de terrain de réitérer cette volonté ;
  • Le passage en REP+ de l’ensemble des établissements scolaires de les communes de Gonesse et de Goussainville dans un premier temps et par la suite, si cela est pertinent, pour les communes de Louvres et Fosses ;
  • De doter les enfants de l’Est du Val d’Oise d’outils numériques pour enrayer la fracture numérique en mobilisant des moyens supplémentaires, à l’instar de l’action du gouvernement pendant cette crise sanitaire : des milliers de tablettes ont été distribuées dans le département ;
  • D’ouvrir un lycée professionnel à vocation internationale ayant pour objectif de permettre aux jeunes de l’Est du Val d’Oise de maîtriser l’anglais et de se projeter dans les métiers du bassin d’emploi de la zone aéroportuaire (la maîtrise de cette langue s’avérant absolument indispensable afin, notamment, de pourvoir les métiers de la plateforme aéroportuaire) ;
  • D’envisager enfin la création d’un campus rattaché à une grande université (Université de Cergy Pontoise – Paris 10 ou Université de Villetaneuse Paris 13) permettant de créer une offre d’enseignement supérieur dans l’Est du Val d’Oise.

Nous espérons toutes et tous que les annonces récentes du Premier ministre concernant un futur plan pour le Val-d’Oise se concrétiseront en propositions faisant de notre territoire une priorité nationale. Dans tous les cas, je m’en assurerai personnellement.