Il y a 75 ans, l’Europe ouvrait une nouvelle porte sur l’avenir avec la capitulation nazie. La France et ses alliés anéantissaient une idéologie totalitaire et criminelle qui mena la violence jusqu’à sa plus effrayante extrémité, et aux pires barbaries dans toute l’Europe, et au-delà.

Mais la fin de « la plus terrible des guerres » a été une prise de conscience pour les Européens. Nous revenons de loin, et il faut le garder à l’esprit à l’heure où les Européens combattent ensemble cette terrible pandémie.

Des générations d’Européens ont bâti, pas à pas, cet espace de paix qu’est l’Union Européenne.

Célébrer le 8 mai 1945, malgré le confinement actuel, ne pourrait justifier une forme d’oubli. La France se souvient de toutes celles et de tous ceux qui contribuèrent à la victoire que nous commémorons aujourd’hui : femmes et hommes, de toutes conditions, de toutes origines, auxquels nous devons d’être libres, eux qui rejoignirent la résistance, autour du Général de Gaulle et de Jean Moulin.

« Résister c’est exister » affirmaient d’une même voix les résistants Raymond Aubrac et Stéphane Hessel.

Au-delà du devoir de mémoire, nous n’oublions pas ce que nous devons aux résistants, eux qui rendirent à la France, et à l’Europe, sa liberté et sa fierté. Leur engagement, leur sacrifice, leurs souffrances au-delà des années qui sont passées nous font respect et obligation.

Bien sûr en premier la liberté, qui est un bien précieux, mais aussi la paix. Si celle-ci paraît aujourd’hui être une évidence, elle reste une valeur inestimable dont cette journée nationale nous rappelle le prix et la fragilité. Chacun sait qu’elle est un bien commun, mais fragile, ne l’oublions jamais.

De nos jours, ce sont à de nouvelles formes de menace que nous devons faire face, c’est une nouvelle forme de résilience que nous devons développer. C’est surtout une autre résistance active qui se met en ordre de marche ces dernières semaines : toutes les personnes en première ligne pour nous protéger du covid-19 et l’esprit de responsabilité de chacun d’entre nous.

Tant que nous resterons unis, nous viendrons toujours à bout des défis qui nous attendent. Ne cédons pas à la tentation du repli sur soi. C’est celui-là même qui mena aux pires horreurs.

Transmettre pour ne pas oublier, ne pas oublier pour ne pas reproduire.

Vive la Paix, vive la République, et vive la France.