🇫🇷  Faire nation en ce 11 novembre, où nous nous remémorons les sacrifices qui furent nécessaires à notre liberté est un moment essentiel.

À cette occasion j’ai tenu à être présente aux cérémonies organisées par Mareil-en-France, Ville de Survilliers, Ville de Goussainville, Ville de Saint-Witz et Bouqueval, ainsi qu’au thé dansant organisé par l’Union Nationale des Combattants de la Ville de Luzarches et le Club de l’Amitié de Chaumontel.

Nous devons rappeler l’importance du devoir de mémoire en assurant sa transmission vers nos jeunes générations. Un fait peu connu incarne justement le lien entre le 11 novembre 1918 et l’engagement que fut celui de la jeunesse le 11 novembre 1940.

Ce 11 novembre 1940, une manifestation des étudiants et lycéens parisiens se déroule place de l’Etoile autour de la tombe du soldat inconnu. C’est un acte de refus, de résistance face à l’occupant à la fois symbolique par son courage et par son intensité. La première forme ouverte de résistance face aux nazis et à la clique de collaborateurs qui entourent déjà Pétain.

Ce jour-là, cinq mois après le début de l’occupation, en bravant l’interdiction formelle du commandement allemand et de Vichy, quelques milliers de jeunes se rendront au tombeau du Soldat inconnu crier leur hostilité à l’occupant nazi.

Dès le mois de juillet 1940, une résistance s’organise, individuelle ou parfois plus collective à l’ordre nouveau mis en place par Vichy à l’université. Le 8 novembre, un rassemblement s’était déjà formé dans Paris, malgré une stricte interdiction et d’importantes forces de l’ordre. Des mots d’ordre invitent à se rendre au rond-point des Champs-Élysées, trois jours plus tard, pour fleurir la statue de Clemenceau puis gagner l’Arc de Triomphe en fin d’après-midi. Des directives similaires émanant d’origines diverses circulent de bouche à oreille dans les lycées et les facultés.

Toute la journée du 11 novembre, des parisiens viennent déposer des bouquets. La préfecture de police en recensera quelques 750 au pied de la statue de Clemenceau, la journée durant, plusieurs milliers de personnes tourneront place de l’Etoile. Les étudiants et lycéens, majoritaires manifestent autour du rond-point, cernés par la police aux accents de la Marseillaise et aux cris de « Vive de Gaulle, Vive Churchill ». La presse « légale » totalement aux ordres de Vichy taira l’événement cinq jours durant.

Voici le texte, qui est le seul connu d’appel à la manifestation : « Étudiant de France. Le 11 novembre est resté pour toi jour de Fête nationale. Malgré l’ordre des autorités opprimantes, il sera Jour de recueillement. Tu n’assisteras à aucun cours. Tu iras honorer le Soldat inconnu à 17h. Le 11 novembre 1918 fut le jour d’une grande victoire. Le 11 novembre 1940 sera le signal d’une plus grande encore. Tous les étudiants sont solidaires pour que vive la France. Recopie ces lignes et diffuse-les ».

Le devoir de mémoire, c’est une invitation à l’engagement et à l’action. C’est également un acte de transmission essentiel à nos générations qui ont la chance historique de n’avoir jamais eu à connaître la guerre. Cette mission que mènera Hubert Germain, dernier compagnon de la libération, tout au long de son existence, il avait presque le même âge que ces jeunes manifestants ce 11 novembre 1940.

Celui dont le chef de l’État déclarait lors de la cérémonie d’hommage aux Invalides le 15 octobre dernier : « la vie d’Hubert Germain est une anthologie d’engagement et de courage de ce résistant de la première heure devenu avec le temps l’incarnation même de tous ses compagnons ».

Dernier compagnon de la libération encore en vie, ils furent comme lui 1038 femmes et hommes compagnons de la libération. Il rejoint en ce 11 novembre, tous ces compagnons de combat et de la résistance dans la crypte du Mont Valérien où reposent quinze autres héros de la guerre. En ce haut lieu symbolique de la résistance voulu par le général de Gaulle en 1945, à l’endroit même où les nazis fusillèrent plus d’un millier de résistants
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Ces commémorations doivent rester de grands moments d’unité nationale et de mémoire. Nous nous rappelons également en ce jour, le souvenir de Lazare Ponticelli, dernier poilu et dernier survivant de la guerre 1914-1918 disparu le 12 mars 2008.

🇫🇷  La paix n’est pas une idée du passé. Elle représente plus que jamais un idéal moderne.