Je souhaite partager avec vous un plan d’action en faveur de l’Est du Val d’Oise, et les mesures proposées au Gouvernement pour notre territoire. Mon rôle aux côtés des élus du territoire et à vos côtés, chers concitoyens, est de m’assurer que ce territoire redevienne une priorité nationale.

Une prise de conscience collective sur la situation de l’Est du Val d’Oise doit permettre une attention particulière des pouvoirs publics auprès desquels j’ai transmis ce plan dès le mois de juin dernier et affiché nos ambitions pour notre territoire. L’Est du Val d’Oise a besoin de solutions concrètes du quotidien pour ses habitants. Je m’interroge sur les annonces grandiloquentes d’un plan de sauvetage d’un milliard d’euros par la Région Île-de-France, sur sa réalisation son contenu et son financement. 

Les annonces récentes du Premier Ministre concernant un futur plan pour le Val d’Oise nous invitent à rappeler les constats et priorités pour notre territoire. Son plan s’appuiera notamment sur les propositions que j’ai fait remonter par l’intermédiaire du Préfet du Val d’Oise et qui sont le fruit de tous les échanges que j’ai pu avoir avec l’ensemble des acteurs politiques, économiques, sociaux. L’objectif étant de s’appuyer sur des dispositifs existants et qui ont fait leur preuve sur d’autres territoires. 

La crise sanitaire que traverse notre pays a révélé de nombreuses inégalités sociales et territoriales. Elle semble avoir aggravé les disparités existantes entre certains territoires, et ce notamment au sein même de notre département. L’Est du Val d’Oise doit faire l’objet d’un plan d’urgence pour trouver des solutions adaptées aux spécificités de ce territoire. C’est pour cela que je vous propose de formuler à travers cet article des propositions qui feront l’objet d’une étude approfondie dans le cadre des prochaines annonces. C’est ensemble que nous pourrons pousser ces mesures primordiales pour l’intérêt de notre territoire.

Il est urgent de réaffirmer les fondements de notre pacte social en ne laissant aucun territoire et aucune population de côté. Cela demande une action et des mesures coordonnées de long terme dans un cadre de pensée renouvelé, celui du combat pour l’équité territoriale dans lequel je souhaite inscrire avec vous ce territoire sur lequel je suis élue. Notre travail de terrain, nos nombreux échanges avec les associations et les élus du territoire nous confortent dans cette idée. Les leçons de la crise sanitaire nous encouragent à proposer la mise en œuvre rapide de ces actions.

1. AGIR ACTIVEMENT POUR LUTTER CONTRE LES INÉGALITÉS QUI TOUCHENT GRAVEMENT L’EST DU VAL D’OISE

S’attaquer aux inégalités sociales aggravées par la crise sanitaire à travers le renforcement des moyens pour l’éducation dans les quartiers prioritaires de la ville

La situation sociale dans l’Est du Val d’Oise nécessite une attention particulière. En France, la surmortalité par rapport à l’année dernière à la même période s’élève autour de 26%. Dans le Val d’Oise, les chiffres sont beaucoup plus élevés (150% à Cergy, 109% à Argenteuil). Tout cela dans un contexte particulièrement tendu, notamment à l’hôpital de Gonesse où les réorganisations successives, les fermetures de lits et la suppression de postes ont engendré des mouvements sociaux récurrents. Trop souvent, certains de nos concitoyens renoncent aux soins pour défaut de tiers payant.

Avant la crise, le territoire était déjà touché par de réels enjeux sociaux : un fort taux de chômage (20%), et un taux de pauvreté élevé (25%). À ce propos, lors de la crise sanitaire, les bailleurs sociaux de l’Est du Val d’Oise ont alerté sur les difficultés de paiement des habitants pendant la période de confinement. Certaines villes concentrent plus de 50 % de logements sociaux (Garges-lès-Gonesse, Villiers-le-Bel).

Cette réalité risque de se dégrader davantage et appelle un effort considérable, notamment sur les questions d’éducation et de formation. Il existe de très forts contrastes entre les départements de l’Île-de-France. Ainsi, du point de vue de la démographie, le contexte départemental du Val d’Oise interpelle : il s’agit du département le plus jeune et les effectifs scolaires sont en forte augmentation, une évolution bien plus marquée dans le premier degré.

Ce contexte départemental particulier appelle la prise des mesures suivantes :

  • Permettre aux communes de Gonesse et de Goussainville d’obtenir le label « Cité éducative» afin de bénéficier (1) de l’ensemble des dispositifs visant à renforcer l’ingénierie des établissements et des acteurs de l’éducation sur le terrain ; (2) de moyens financiers supplémentaires pour accentuer la prise en charge éducative des élèves ; (3) et d’un accompagnement pour permettre le renouvellement urbain et un renforcement de la lutte contre la pauvreté et le communautarisme. Il est à noter que la commune de Goussainville avait déjà présenté une candidature solide. Le déplacement du Ministre de la Ville et du Logement M. Julien de Normandie a été l’occasion pour les élus et les acteurs de terrain de réitérer cette volonté.
  • Le passage en zone REP et REP+ pour l’ensemble des établissements scolaires des premiers et seconds degrés, dans un premier temps dans les communes de Goussainville et de Gonesse, et en étudier la pertinence pour certains établissements de Louvres et Fosses dans un second temps.
  • Doter les enfants de l’Est du Val d’Oise d’outils numériques pour enrayer la fracture numérique en mobilisant des moyens supplémentaires, à l’instar de l’action du gouvernement pendant cette crise sanitaire : des milliers de tablettes ont été distribuées dans le département.
  • L’ouverture d’un lycée professionnel à vocation internationale ayant pour objectif de permettre aux jeunes de l’Est du Val d’Oise de maîtriser l’anglais et de se projeter dans les métiers du bassin d’emploi de la zone aéroportuaire (la maîtrise de cette langue s’avérant absolument indispensable afin, notamment, de pourvoir les métiers de la plateforme aéroportuaire).
  • Envisager la création d’un campus rattaché à une grande université (Université de Cergy Pontoise – Paris 10 ou Université de Villetaneuse Paris 13) permettant de créer une offre d’enseignement supérieur dans l’Est du Val d’Oise

Combattre les problèmes de transports et rendre plus accessibles les opportunités qui s’offrent aux Valdoisiens en matière d’accès à l’emploi, à l’éducation et à la culture

Les habitants de l’Est du Val d’Oise ne profitent pas toujours des perspectives offertes par le territoire en matière d’emploi, de formation mais aussi d’accès à la culture. Le principal paradoxe de cette partie du département, c’est la concentration de grandes richesses sans que les citoyens ne puissent toujours en profiter : un bassin économique lié à l’activité aéroportuaire (le 2e aéroport d’Europe) mais aussi de grandes infrastructures (un des axes autoroutiers les plus fréquentés d’Europe).

À cela s’ajoutent toutes les difficultés du quotidien, notamment s’agissant des mobilités. L’Est du Val d’Oise est un territoire enclavé et mal desservi. Les axes routiers sont saturés, ce qui complique les déplacements du quotidien de nos concitoyens. Le RER D est une ligne structurante accompagnant 615 000 voyageurs et parcourant 2 000 km par jour.

La hausse rapide du trafic (195 000 voyageurs en 1995 contre 614 000 en 2015) s’accompagne d’une baisse tendancielle de la qualité du service avec une ponctualité toujours insatisfaisante.

Or, l’accès aux transports conditionne souvent celui de l’emploi, de la formation et de l’accès aux soins. Les problèmes de transport en Ile-de-France peuvent être cause de chômage. Cette question est donc au cœur des enjeux d’équité territoriale.

Le Contrat de Plan État-Région 2015-2020 de la région Île-de-France prévoit que 1,4 Md€ doivent être engagés par l’État sur le volet transports collectifs. Le RER D est la ligne desservant l’Est du Val d’Oise. Les performances de cette ligne baissent en raison du vieillissement des installations, de la complexité d’exploitation et de la croissance du trafic. Le RER D illustre la fracture sociale qui frappe malheureusement les habitants de l’Est du Val d’Oise qui attendaient fortement l’arrivée de la ligne 17 pour laquelle je me suis battue.

25 000 logements doivent être construits chaque année sur les territoires traversés par le RER D, soit 40% des constructions d’Ile-de-France, ce qui a créé de nombreux dysfonctionnements sur cette ligne et des impacts sur la qualité de service du fait de la hausse de trafic.

En janvier 2017, Ile-de-France Mobilités (anciennement STIF) a décidé de renouveler les trains du RER D pour 2 milliards d’euros. 125 rames RER NG seront mises en service entre 2021 et 2025. Il est indispensable que cet engagement soit tenu. Si des investissements et des réorganisations de desserte ont été décidés, des faiblesses structurelles persistent et affectent très lourdement les mobilités des habitants de l’Est du Val d’Oise.

Afin de répondre au défi urgent des mobilités, je propose le mesures suivantes :

  • Débloquer des moyens pour accélérer la rénovation des rames du RER D.
  • Faire le bilan de la mise en œuvre de NExTEO, un système de signalisation haut débit pour accompagner la hausse du trafic. 250 millions d’euros devaient être déployés pour permettre d’améliorer la ponctualité en automatisant la conduite sur le tronçon central du RER D. NExTEO doit permettre de faire passer plus de trains sur la ligne, et d’atteindre l’objectif de faire passer 32 trains par heure et par sens dans le tunnel.

Pour réduire les fractures sociales et territoriales engendrées par le RER D, mais aussi dans le but d’optimiser l’intermodalité des transports ferroviaires, je propose :

  • La création d’un quai de retournement en gare de Survilliers permettant l’arrêt de la ligne de TER traversant le territoire sans la desservir.
  • Le maintien de la réalisation de la ligne 17 : il est primordial que la seule station du Grand Paris Express, celle du Triangle de Gonesse, soit maintenue en ce qu’elle représente une véritable chance pour le développement de projets structurants et l’accès à l’emploi au sein de notre territoire.

Il faut également renforcer la présence de l’État dans le territoire

Compte tenu de la situation de l’Est du Val d’Oise, l’État doit envoyer un signal fort à ses habitants en renforçant sa présence. Ainsi, j’ai identifié deux actions urgentes en ce sens :

  • Augmenter le nombre de point d’accueils (ou tout du moins, arrêter leur fermeture) des services des impôts et envisager la création d’une Maison France Services : les populations vulnérables de l’Est du Val d’Oise vivent mal la réorganisation des services et la fermeture d’accueils de proximité. Ces populations défavorisées et ne maitrisant pas toujours les nouvelles technologies souhaitent pouvoir se rendre dans des points d’accueil de proximité- pour leurs démarches auprès des impôts et pour les prestations sociales.
  • Placer les communes de Gonesse et de Goussainville en zone Quartier de reconquête républicaine  : ces deux communes connaissent des situations sécuritaires tendues et nécessitent des interventions plus nombreuses. Il ne se passe pas un jour sans que je ne sois interpellée par des administrés qui ne demandent qu’à vivre en paix.

2. AGIR SUR L’AMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE POUR CREER DE NOUVELLES OPPORTUNITES D’EMPLOIS

Il est nécessaire d’établir comme priorité l’aménagement du territoire pour redynamiser l’Est du Val d’Oise.

Il est urgent, compte tenu de la situation économique et sociale du territoire, qu’un projet tout aussi soutenable et respectueux de l’environnement se réalise rapidement. Structurant, il devra être : (1) créateur d’activité économique, (2) pourvoyeur d’emplois pour les habitants de l’Est du Val d’Oise et (3) doter le territoire de structures de formation pour former des jeunes lourdement frappés par le chômage, d’infrastructures de transport pour relier ce territoire aux bassins écomomiques de l’Ile-de-France, et d’équipements culturels.

L’enjeu est clair, il faut aboutir au désenclavement du territoire.

Le premier impact du projet, c’est de ramener de l’activité économique dans l’Est du Val d’Oise, une opportunité pour les jeunes et pour le tissu économique local. Au-delà de l’impact, il pose surtout de nombreux enjeux en termes de formation afin que nos jeunes puissent saisir ces opportunités d’emploi. Par ailleurs, il va falloir s’assurer que des entreprises locales puissent participer au développement du projet.

Des actions urgentes en termes d’aménagement du territoire doivent être mises en œuvre :

  • L’aménagement du Triangle de Gonesse à travers le développement rapide d’un projet structurant pour l’ensemble de l’Est du Val d’Oise : il s’agit de ramener de l’activité économique dans l’Est du Val d’Oise, des opportunités d’emploi.
  • Mettre en place une mission sur l’aménagement du territoire du Roissy posant les enjeux de la saturation de l’accès à l’aéroport CDG et de l’ensemble des axes routiers dans l’Est du Val d’Oise, du bouclage de la francilienne, et du surplus de trafic lié au futur aménagement du Triangle de Gonesse.
  • L’installation d’un nouveau lieu de culture d’envergure : investir des territoires à la périphérie des centres urbains pour y installer de nouveaux lieux de culture est une tendance que l’on observe partout dans le monde. L’Est du Val d’Oise doit pouvoir accueillir des galeries ou des collections de musées parisiens saturés, et proposer ainsi une nouvelle offre culturelle pour ses habitants et visant à renforcer l’attractivité du territoire. 
  • Relancer et accélérer la réalisation du projet CAREX : le Gouvernement engage une relance du fret ferroviaire pour développer le transport de marchandises par train. Ce projet sur notre territoire constitue une véritable opportunité de développement pour le territoire de Roissy-CDG. Le projet Carex permettrait de concilier le développement économique de l’Est du Val d’Oise et le respect de l’environnement : il propose en effet un report modal de fret aérien transporté par camions et avions court/moyen-courrier vers les trains à grande vitesse.  J’ai attiré l’attention du Gouvernement et des services de l’Etat à propos de ce projet d’une importance capitale pour notre territoire.

3. ACCÉLÉRER LES EFFORTS POUR RÉDUIRE LES NUISANCES CAUSÉES PAR L’ACTIVITÉ AÉROPORTUAIRE

Le bassin économique lié à l’activité aéroportuaire et les grandes infrastructures du territoire représentent des opportunités certaines pour le territoire. Toutefois, les Valdoisiens « subissent » parfois ces installations plus qu’ils n’en tirent pas profit. Nous devons notamment tous avoir à l’esprit que l’extension de l’aéroport à travers le projet de Terminal 4 est préoccupant pour les habitants.

Les habitants voient des emplois se créer mais ne peuvent pas en bénéficier. En même temps, ils subissent les nuisances sonores de l’activité aéroportuaire. L’enjeu de l’insonorisation des logements soumis aux nuisances sonores est donc de la plus haute importance.

Et il convient à ce titre d’accélérer la mise en œuvre des dispositifs visant à réduire les nuisances sonores des riverains de l’aéroport et d’entreprendre les actions suivantes liées à l’implantation de l’aéroport Roissy-CDG :

  • Accélérer l’insonorisation des établissements scolaires et médico-sociaux à proximité de l’aérodrome : il est urgent d’établir un état des lieux en interrogeant les maires et le département pour insonoriser rapidement ces établissements.
  • Accélérer le traitement des demandes d’insonorisation des habitations à proximité de l’aérodrome : le traitement des dossiers est lié aux flux et aux recettes de la TNSA. L’aide exceptionnelle proposée par ADP n’a jamais pu être mise en œuvre.
  • Introduire des mesures visant à sanctionner le manquement des règles à portée environnementale pour traiter les manquements liés au non-respect du couvre-feu, des décollages et d’atterrissages sans créneau durant la nuit, et du non-respect des trajectoires.
  • Accélérer le rythme de révision des plans d’exposition au bruit et au plan de gêne sonore (au moins tous les 5 ans pour s’assurer que les hypothèses sont bonnes pour traiter justement le problème des nuisances sonores liées à l’activité aéroportuaire).
  • Étudier l’opportunité de réaliser un PEB unique pour les aérodromes de Roissy-CDG et Le Bourget : les textes disent que c’est un PEB par aérodrome. Il s’agit de permettre une meilleure prise en compte de l’effet cumulé des deux aérodromes.
  • Mise en place des dispositifs de trajectoires continues.